Maladies rétiniennes héréditaires

Maladies rétiniennes héréditaires2015-04-09T14:13:59+00:00

Les dystrophies rétiniennes héréditaires sont rares. Elles sont bilatérales, symétriques et évolutives, liées à la dégénérescence des photorécepteurs.
On distingue habituellement les dystrophies maculaires avec accumulation de matériel auto-fluorescent ou non et les rétinopathies périphériques.

Les dystrophies maculaires :

Symptômes généraux:

Photophobie, baisse de la vision centrale précoce, anomalies précoces de la vision des couleurs

La maladie de Best :

La maladie de Best

La maladie de Best

Maladie autosomique dominante à pénétrance variable et parfois sporadique.

Diagnostic :

  • Fond d’œil : Dépôt auto-fluorescent maculaire et/ou extra maculaire, unique ou multiple, sur un œil ou sur les deux. L’atteinte est fréquemment asymétrique en taille et en évolution.
  • OCT : dépôt d’aspect variable
  • EOG : rapport d’Arden diminué (normal dans 20% des cas)
  • ERG : normal sauf formes récessives plus sévères
  • Gène : BEST1
  • Evolution : atrophie maculaire lente et de degré variable

La maladie de Stargardt :

Maladie autosomique récessive dans 90 % des cas, sa fréquence est estimée à 1/30000. Elle est caractérisée par l’accumulation d’une protéine (la lipofuscine) dans les cellules de l’épithélium pigmentaire de la rétine, entraînant une atrophie maculaire plus ou moins rapide.

Diagnostic :

  • Début avant 20 ans le plus souvent.
  • Baisse d’acuité visuelle rapide en quelques années
  • Fond d’œil : dépôts jaunâtres pisciformes dans la zone péri-maculaire étendue (fundus flavimaculatus). Ces lésions auto-fluorescentes, sont associées précocement à des plages d’atrophie.
  • OCT : Fovéa amincie, la ligne des photorécepteurs est absente.
  • Angio-fluorographie : silence choroïdien (inconstant), taches pisciformes, atrophie
  • EOG : normal
  • ERG : normal ou altéré
  • Gène : ABCA4, plus rarement, maladie de Stargardt autosomique dominante liée au gène ELOVL4
  • Evolution : atrophie maculaire
La maladie de Stargardt

La maladie de Stargardt


La maladie de Stargardt

La maladie de Stargardt

 

Maculopathies autosomiques dominantes liées à PRPH2/RDS :

Formes :

  • Pseudo-Stargardt plus tardif avec acuité conservée pendant les 4 premières décennies.
  • Atrophie aréolaire centrale

Intérêt du cliché en auto-fluorescence qui est anormal dès l’âge de 10-15 ans avec de multiples tâches péri-maculaires alors que le fond d’œil est normal

Dystrophies des cônes :

Atteinte fovéolaire sans dépôt. Tous les modes de transmission sont possibles

Diagnostic :

  • OCT : atteinte des photorécepteur dans la zone fovéale
  • ERG : réponses photopiques altérées
  • Evolution : atrophie maculaire jusqu’à la papille bilatérale

Rétinoschisis lié à l’X :

  • Atteinte maculaire précoce et bilatérale
  • Faux œdème maculaire
  • ERG : électronégatif
  • Evolution : atrophie maculaire tardive

Autres :

  • Dystrophie maculaire de la Caroline du Nord
  • Dystrophie de Sorsby
  • Colobome maculaires héréditaires

Les dystrophies périphériques (1/4000) :

Symptômes généraux :

Fonctionnels :

  • Héméralopie précoce inaugurale (baisse de la vision en pénombre)
  • Réduction du champ visuel périphérique.
  • En l’absence d’œdème maculaire ou d’une atrophie maculaire, la vision centrale reste longtemps conservée.

Fond d’œil :

  • Pseudo-ostéoblastes ou amas pigmentés en mottes au stade d’évolution intermédiaire (plus rares chez les myopes)
  • Rétrécissement du calibre des vaisseaux rétiniens
  • Couleur grisâtre de la rétine
  • Pâleur papillaire

Les rétinites pigmentaires non syndromiques :

Ce sont les plus fréquentes.

  • Transmission : Autosomique récessive : 50 à 60 % des cas, dominante : 30 à 40%, liée à l’X : 10 à 15%.
  • Les formes dominantes sont les moins sévères. L’âge de début a une valeur prédictive relative. Plus le début est tardif, plus l’évolution sera lente.
  • Le champ visuel est précocement altéré.
  • Le cliché auto-fluorescent retrouve un liseré périmaculaire comme dans la plupart des dystrophies héréditaires. La présence de dépôts auto-fluorescents oriente vers une implication des gènes PRPH2, BEST1, ABCA4).
  • OCT : la ligne des photorécepteurs se fragmente ou disparaît. Un œdème maculaire est retrouvé dans 10 à 15% des cas.

Les rétinites pigmentaires syndromiques :

Transmission le plus souvent autosomique récessive ( àl’exception des formes liées aux pathologies mitochondriales)

Syndrome de Usher :

  • Surdité de perception précoce sévère
  • Rétinite pigmentaire plus tardive.

Plusieurs types :

Type 1 :
Surdité congénitale profonde
Anomalie vestibulaires avec retard d’acquisition de la position assise et de la marche (après 18 mois).
La rétinopathie pigmentaire débute dans l’enfance et conduit à un handicap sévère.

Type 2 :
Moins sévère.
Surdité moins profonde, permettant l’acquisition du langage et la rétinite pigmentaire est plus tardive vers l’adolescence.

Type 3 :
Surdité progressive ou absente, rétinite pigmentaire à la deuxième ou troisième décennie.

Syndrome de Bardet-Biedl ( 1/150 000):

  • 12 gènes codant pour desprotéines impliquées dans le développement et le fonctionnement des cils primitifs.
  • Rétinopathie pigmentaire
  • Atteinte multiviscérale avec fréquemment : Déficit intélectuel, obésité, polydactylie, hypogonadisme, atteinte rénale kystique

Les dystrophies globales associant atteintes maculaires et périphériques :

Amaurose congénitale de Leber (1/60 000) : rétinopathie pigmentaire in utero

  • Nouveau-né malvoyant profond avec ERG plat
  • Hypermétropie importante fréquente
  • Fond d’œil normal ou altéré

Rétinites pigmentaires précoces :

  • Débute avant 2 ans
  • ERG plat

Cone rod dystrophies ou rétinites pigmentaires inverses :

  • Atteinte des cônes prédominante initialement puis secondairement les bâtonnets.
  • Lésions centrales atrophiques, voire pigmentées.
  • Le cliché en auto-fluorescence retrouve des lésions diffuses au pôle postérieur et en périphérie.
  • La préservation d’un liseré péripapillaire est évocatrice d’une atteinte liée au gène ABCA4.

Conseil génétique :

  • Recueil des données cliniques et paracliniques
  • Etude de l’arbre généalogique
  • Etude des possibilités de transmission

Cas isolés : souvent lié à une transmission autosomique récessive
Cas simplex masculin : peut relever d’une transmission récessive liée à l’X
Cas simplex mixtes, fille ou garçon : peut être une transmission dominante autosomique avec pénétrance variable.
Il faut aussi envisager les cas de mutation de novo et les défauts de paternité. Dans ces cas, les caractéristiques cliniques orientent vers un type de transmission et un diagnostic moléculaire.
Un même gène peut être impliqué à la fois dans des pathologies dominantes (mutation sur un seul allèle) et récessives (mutation sur chaque allèle).

Référence utilisée :

Maladies rétiniennes héréditaires : ces maladies parfois rencontrées dans la pratique. I.Meunier, B. Bocquet, D. Chazalette, G. Manes, C. Hamel. Centre National de référence maladies rares, affections sensorielles génétiques. Montpellier.

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