La réadaptation Basse-Vision

La réadaptation Basse-Vision2015-08-24T10:55:51+00:00

Définition :

La prise en charge de la déficience visuelle est globale et faite en collaboration avec différents acteurs. Son objectif est de trouver et mettre en place les mécanismes de compensation et les aides les plus utiles pour le patient et ainsi maximiser son autonomie (ophtalmologiste, orthoptiste, opticien spécialisé, ergothérapeute, médecin généraliste, assistance sociale, psychologue,…).

Le rôle de l’orthoptiste consiste, sur prescription médicale, à optimiser les capacités visuelles résiduelles et à développer de nouvelles stratégies visuelles. Il propose des aides pratiques et personnalisées pour simplifier le quotidien des personnes malvoyantes et rendre une certaine autonomie.

La rééducation devra tenir compte des activités souhaitées par le patient, de ses capacités visuelles et de son état général, de l’environnement du patient et de ses moyens.

Agir sur le traitement de l’information :

Une personne malvoyante a une vision très détériorée malgré une correction optique. Pour apprivoiser sa vision qui change, elle devra développer de nouvelles stratégies visuelles.

Travail sur la motricité oculaire

La fixation

Chez certains patients atteints de DMLA, la zone de vision centrale est atteinte. Une des conséquences fonctionnelles est que les patients perçoivent mal ou pas l’objet fixé. Lors de la rééducation, l’orthoptiste aidera le patient à excentrer son regard pour recruter sa vision périphérique et à trouver l’orientation du regard qui lui permettra de percevoir au mieux l’objet souhaité.

Les autres stratégies oculomotrices

Le travail de la motricité conjuguée à savoir des poursuites (fixation suivie d’une cible mobile) et des saccades (fixation alternée de deux cibles) oculaires permettra la stabilisation et la précision du regard.

Travail sur l’optimisation de la perception

Afin d’améliorer la discrimination et ainsi aider à la lecture, l’orthoptiste aidera le patient selon le processus suivant :

– Exercices de discrimination sur différents supports (papier, tablette, objets réels,…) répétés, adaptés au patient, standardisés et de difficulté croissante (labyrinthe, sudoku, recherche d’intrus,…)

– Mise en place de nouvelles compensations en encourageant le patient, en faisant part de ses observations et en faisant verbaliser au patient les difficultés rencontrées.

– Travail sur la mémoire, le raisonnement logique et la représentation mentale.

Travail sur la coordination oculomanuelle.

L’orthoptiste aidera le patient à réaliser un geste sous contrôle visuel. La coordination oculomanuelle recrute la motricité oculaire (ex : la nouvelle zone de fixation) et la discrimination. Ce travail se fait avec des objets réels ou sur papier (écriture, points à relier).

Agir sur la qualité de l’information :

Une personne malvoyante a une vision très détériorée malgré une correction optique. Pour optimiser la qualité de l’image, il faut augmenter les contrastes, limiter l’éblouissement et adapter la taille de l’image. Des aides optiques peuvent être proposées par les opticiens spécialisés.

L’orthoptiste, dans le cadre de la rééducation, éduquera le patient à mieux s’adapter et à mieux utiliser les aides optiques.

Augmenter les contrastes

Les contrastes sont primordiaux pour une bonne perception de l’information. La sensibilité aux contrastes diminue avec l’âge naturellement mais en plus dans les pathologies rétiniennes comme la DMLA ou cristalliniennes comme la cataracte.

 

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Les contrastes peuvent être augmentés grâce à un bon éclairage surtout dans le cadre de la DMLA. Suffisant et bien orienté, l’éclairage permet d’éviter tout éblouissement et de mieux visualiser l’objet désiré. L’intensité doit être adaptée à l’activité, au moment de la journée et à la luminosité ambiante. Lespace de travail doit être bien aménagé et personnalisé pour la personne puisse bénéficier des conditions optimales.

  • Il faut éviter les ombres portées et éclairer directement l’objet fixé. La zone éclairée ne doit pas être réfléchissante, et l’ampoule de la lampe devra être cachée par un filtre protecteur translucide afin d’éliminer tout risque d’éblouissement. La lampe sera placée de préférence derrière ou sur le coté opposé à la main qui écrit. Le capot protégeant l’ampoule étant toujours situé sous le visage de l’observateur.

En augmentant la luminosité, on diminue le besoin de grossissement.

Il existe de nombreux modèles comme des lampes sur pied, des lampes portatives, des lampes à lumières blanches ou bleues, des lampes à intensité variable.

 Limiter les éblouissements

La gêne à la luminosité (lumière du jour, éclairage nocturne…) est très invalidante pour les personnes malvoyantes. En effet, l’éblouissement diminue la performance visuelle et peut encore plus limiter les personnes dans leurs déplacements.

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Pour limiter cette gêne, il peut être utile de porter des lunettes solaires ou des filtres monochromatiques, proposés par l’opticien.

Ils évitent la saturation de la rétine, augmentent les contrastes et raccourcissent le temps d’adaptation à l’obscurité quand celui-ci est perturbé. Ainsi les obstacles lors des déplacements seront mieux perçus (trottoir, panneaux…) et les visages mieux reconnus.

Ces filtres permettent en plus de limiter l’exposition de la rétine aux rayons UV, agressifs pour l’oeil.

Ils existent différentes teintes allant du jaune clair au brun foncé. Attention, cela modifie la perception des couleurs. Les filtres peuvent être portés en sur-lunettes bien enveloppantes ou être intégrés directement dans le verre.

 Agrandir l’image

Augmenter la taille de l’objet fixé permet de mieux en discriminer les détails. C’est le mode de compensation le plus habituel et le plus intuitif surtout pour la lecture.

Pour ce faire, il existe de nombreux appareils adaptés aux différentes utilisations et aux différentes déficiences visuelles.

 

Les loupes & tablettes (ipad)

Elles sont composées d’une lentille.

Elle sont variées et nombreuses : elles peuvent être éclairantes, posées sur un support, de poche, sur un bras articulé…  Elles sont pratiques et peu couteuses. Elles doivent être adaptées à l’activité et ne doivent pas être choisies à la légère.

Mais attention dans l’utilisation. Plus le grossissement est important, plus la distance entre l’objet et la loupe est courte. Il faut donc rapprocher la loupe du texte ! De plus, plus le grossissement est important, plus la zone vue est restreinte. Il faut donc rapprocher l’œil du texte.

Les systèmes télescopiques

il s’agit d’un monoculaire souvent fixé sur une monture.

Ils permettent, pour un même grossissement, d’avoir une distance de lecture plus éloignée qu’avec une loupe.

Mais attention dans l’utilisation. Le champ de vision est très réduit du fait du fort grossissement !

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Les loupes électroniques de poche

Elles se présentent sous la forme d’un petit écran sur lequel est affiché l’image souhaité grâce à un système électronique.

Elles grossissement sans déformation ni aberration, permettent de modifier les contrastes, le grossissement et la luminosité. Elles sont pratiques, rapides d’utilisation et compactes.

Les téléagrandisseurs

Ils se présentent sous la forme d’un écran sous lequel est placé le texte à lire ou l’objet à visualiser.

Ils ont une forte capacité d’agrandissement, sans aberration ni distorsion. Les contrastes, la luminosité et les couleurs peuvent être modifiés.

Ce sont des dispositifs difficilement transportables.

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